« Dilexit nos », Le Sacré-Cœur de Jésus remède pour un monde déshumanisé
Publié le 25 octobre 2024, https://rennes.catholique.fr/

La quatrième encyclique du pape François, Il nous a aimés, retrace la tradition et l’actualité de la pensée sur « l’amour humain et divin du Cœur de Jésus-Christ » : un encouragement à renouveler sa dévotion authentique comme antidote aux maux de notre monde et de l’Église.
Publiée le 24 octobre dernier, l’encyclique sur la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus s’ouvre sur une brève introduction et s’articule en cinq chapitres.
L’importance du Cœur
Ce premier chapitre explique pourquoi il faut « redécouvrir l’importance du cœur » tant dévalorisé par le « rationalisme grec et préchrétien, l’idéalisme postchrétien et le matérialisme » qui restent vivaces actuellement : « Dans ce monde liquide, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur, d’indiquer le lieu où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ; là où l’être concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix » (n°9). Il rappelle alors la spiritualité de saints comme Ignace de Loyola et John Henry Newman.
Des gestes et des paroles d’amour
Le deuxième chapitre est dédié aux gestes et aux paroles d’amour du Christ, comme son regard, qui « pénètre au plus profond de ton être » (n. 39), et montre que Jésus « est attentif aux personnes, à leurs préoccupations, à leurs souffrances » (n. 40).
Voici le cœur qui a tant aimé
Dans le troisième chapitre, François rappelle comment l’Église a réfléchi « sur le saint mystère du Cœur du Seigneur ». Il le fait en se référant à l’encyclique de Pie XII Haurietis aquas, sur la dévotion au Cœur du Christ (1956). Il précise que « la dévotion au Cœur du Christ est essentielle à notre vie chrétienne car elle signifie notre ouverture, pleine de foi et d’adoration, au mystère de l’amour divin et humain du Seigneur, au point que nous pouvons affirmer une fois de plus que le Sacré-Cœur est une synthèse de l’Évangile » (n. 83). Il invite ensuite à renouveler la dévotion au Cœur du Christ aussi pour contraster avec « de nouvelles manifestations d’une “spiritualité sans chair” qui se multiplient dans la société » (n. 87).
L’amour qui donne à boire
Dans ce quatrième chapitre, le Pape relit les Écritures Saintes et les Pères de l’Église pour éclairer le « côté blessé de Jésus » « comme l’origine de l’eau de l’Esprit » et aussi saint Augustin, qui « a ouvert la voie à la dévotion au Sacré-Cœur en tant que lieu de rencontre personnelle avec le Seigneur » (n. 103). Peu à peu, ce côté blessé, rappelle le Pape « a pris la forme d’un cœur » (n. 109). François revient sur la figure de plusieurs dévots au Sacré-Cœur : saint François de Sales, sainte Marguerite-Marie Alacoque, sainte Thérèse de Lisieux, …
Amour pour amour
Le cinquième et dernier chapitre approfondit la dimension communautaire, sociale et missionnaire de toute dévotion authentique au Cœur du Christ qui, à partir du moment où il « nous conduit au Père, nous envoie vers nos frères » (n. 163). En effet, l’amour pour nos frères est l’« acte plus grand que nous puissions offrir pour Lui rendre amour pour amour » (n. 167).
L’encyclique se conclut par cette prière de François
« Je prie le Seigneur Jésus-Christ que jaillissent pour nous tous de son saint Cœur ces fleuves d’eau vive qui guérissent les blessures que nous nous infligeons, qui renforcent notre capacité d’aimer et de servir, qui nous poussent à apprendre à marcher ensemble vers un monde juste, solidaire et fraternel. Et ce, jusqu’à ce que nous célébrions ensemble, dans la joie, le banquet du Royaume céleste. Le Christ ressuscité sera là, harmonisant nos différences par la lumière jaillissant inlassablement de son Cœur ouvert. Qu’il soit béni ! » (n. 220).
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