Visite d'une des églises de la Paroisse Notre Dame des Tertres

Eglise de la Sainte Trinité – Prieuré Notre Dame


BREF APERÇU HISTORIQUE sur la Paroisse de Tinténiac

La présence d’une communauté chrétienne remonterait vraisemblablement au  3ème ou 4ème siècle. Une première église fut édifiée là où se trouve l’actuelle église remplaçant l’ancienne église et sa chapelle du prieuré St Georges au 11ème siècle. 
Au 6ème siècle des bretons s’installèrent à Tinténiac sous l’autorité de St Méloir, disciple de Saint Sansom évêque-Abbé de Dol de Bretagne. 
Saint Méloir occupa avec ses disciples le lieu dit « St Méloir des bois ». Saint Sansom vint de temps en temps les visiter. Ils formèrent une paroisse qui se rattacha au diocèse de Dol de Bretagne jusqu’à la Révolution Française.

Au 7ème siècle la paroisse de Tinténiac allait de St Domineuc à Cardroc jusqu’à la Baussaine ainsi qu’à Saint Gondran et la Chapelle Chaussée. Saint Dommech, ermite et fondateur de St Domineuc reçut la visite de Saint Malo. Les chrétiens en ces lieux se rassemblaient à Tinténiac aux jours de grandes fêtes : Noël, Pâques, Pentecôte. 
Aux environs du 7ème siècle, la paroisse s’était mise sous la protection de la Vierge Marie, Mère de Dieu et le sanctuaire obtint une certaine renommée qui firent venir des pèlerins dont l’évêque Saint Pair d’Avranches qui vint y prier et faire un miracle. 

Durant tout le Moyen Age, les pèlerins vinrent prier et honorer la Mère de Dieu. Des hôtelleries s’établirent pour accueillir les pèlerins et une maison de secours pour les pauvres fut fondée qui existèrent jusqu’au 13ème siècle. Le sanctuaire de Notre Dame ne fut pas à l’abri des brigandages entre le 8ème et 11ème siècle. En 1040, la paroisse fit l’objet de la donation par le Duc Alain III à sa sœur Adèle, Abbesse de l’abbaye Saint Georges à Rennes. 

La paroisse faisait partie du diocèse de Saint Malo. Ainsi l’abbesse de St Georges reconstruisit entièrement l’église au début du 12ème siècle. Orientée Est-Ouest, le prêtre célébrant est tourné vers l’astre (le soleil) levant c’est à dire le Christ Jésus (cf l’évangile selon St Luc 1,78-79), elle avait une forme rectangulaire dans un style roman et se terminant par une abside. 

Le prieuré attenant à l’église avait sa chapelle prohibitive au Nord servant aux religieuses pour prier l’Office divin. La Mère abbesse de Saint Georges venait rendre la « justice » le mercredi matin, jour du marché. Dans la moitié du 14ème siècle, l’église vécue de nombreuses modifications. Dès le 13ème siècle, Tinténiac était un lieu de passage car située sur la route de Rennes à Saint Malo, en passant par Hédé et sur la route de pèlerinage entre St Méen et le Mont Saint Michel, Tinténiac accueillait de nombreux pèlerins. 

Tinténiac était aussi un lieu de pèlerinage puisque le sanctuaire Notre Dame attirait de nombreux pèlerins. Ils venaient prier dans l’église devant l’image de Notre Dame puis allaient vers le Pont-l’abbesse boire à la fontaine Sainte Marie. Au village de la Madeleine, il y avait un hôpital tenu d’abord par les Chevaliers du Temple (ou « Templiers ») puis par les frères hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem en 1211. Ils accueillaient aussi les pèlerins. 

En 1701, jour de la Chandeleur (02 février), le clocher, réputé le plus haut de la province, s’écroula. L’abbesse le fit réédifier mais en 1730, il penchait démesurément. Le clocher, le chœur furent reconstruits, mais l’église restait trop petite, fut agrandie sans toucher à l’école paroissiale située au chevet de l’église. 

Cette école paroissiale est attestée dans l’acte de fondation du prieuré de Tinténiac avec la signature d’un maître d’école : « Ingomar (grammaticus) ou Incomar » deux contrats en 1028 et 1033. Aremberg, exerçant lui aussi comme maître d’école signe deux contrats en 1032 et 1033. 

En 1639 une cloche remplaça la frêle cloche puis en 1663, une seconde cloche fut fondue et servait à la sonnerie de l’horloge. Outre le maître autel, dédié à Notre Dame jusqu’en 1740, ensuite à la Sainte Trinité, il y avait un autel dédié à Saint Louis, un autre à St Nicolas. 

En 1899, il fut décidé de construire une nouvelle église, l’ancienne étant de plus en plus vétuste, faute d’entretien régulier. 
Ainsi, après avoir accueillie tant d’hommes et de femmes, dans leurs joies ou leurs douleurs, faisant résonner leurs cantiques d’action de grâce ou de supplications, cette vénérable église allait disparaître. Jésus dit : « L’amour de ta maison fera mon tourment » (Evangile selon St Jean 2, 13-22).
Cette vénérable église avait même subie la profanation et le sacrilège par le culte de la déesse raison lors de la révolution, où une jeune fille personnifiant la déesse raison avait pris place sur le maître autel. Des chants patriotiques et profanes animaient ces célébrations idolâtres et païennes qui profanèrent l’église. 

Après la Révolution, l’église fut, comme tant d’autres, « réconciliée » par un acte de purification afin que les mystères divins puissent être à nouveau célébrés. 
Témoin discret de la présence de Dieu au milieu de son peuple, ce sanctuaire fut finalement déconstruit pour laisser la place à la nouvelle église, dont l’architecte diocésain, Arthur Regnault, sut habilement allié à ce sanctuaire de style romano-byzantin, des éléments de la vénérable église. 

En février 1900, le curé-doyen, M. le chanoine Lemaître scella la première pierre de la nouvelle église de style romano-byzantin. Edifiée par Arthur Regnault entre 1900 et 1905, l’église s'inspire des églises à coupoles des Charentes.
Le 1er dimanche de carême 1905, le Saint Sacrement entra dans la nouvelle église.
Le 23 août 1908, l’archevêque de Rennes, Mgr Dubourg consacrait la nouvelle église (célébration appelée "dédicace" : les 12 croix sur les murs et l'autel sont oints de Saint Chrême)

Ses allures de construction "récente" n´empêchent pas l´église de Tinténiac d´abriter un patrimoine nombreux et de qualité. Fidèle à une habitude dont on a des exemples multiples en Ille-et-Vilaine, Arthur Regnault met en valeur les œuvres intéressantes qu´il trouve dans la paroisse dont il vient rebâtir le lieu de culte. C´est le cas à Tinténiac au début du 20e siècle.

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