Une montée vers Pâques… avec Charles de Foucauld (1/5)

                          



Comment vivre le Carême comme un chemin de vraie conversion ? Suivez ces saints, les imitateurs du Christ, pour redécouvrir Dieu et le vrai sens de la montée vers la lumière de Pâques. Cette première semaine du Carême, Charles de Foucauld vous donne un conseil indispensable.

En se retirant du monde pour aller vivre dans le désert, Charles de Foucauld est un modèle de converti. Avec ce religieux français bientôt canonisé, on retrouve le sens profond du Carême, qui est un chemin de vraie conversion. Et si celui-ci dure quarante jours, c’est pour profiter de cette durée pour s’unir au Seigneur qui a passé autant de temps seul dans le désert. Cette solitude-là, Charles de Foucauld ne l’a connue que trop bien : ermite du Sahara brûlant, il est un homme d’aventure et d’exploration, mais surtout de solitude et de prière.

Le désert, un temps indispensable

Imitateur de Jésus, le célèbre ermite fait le choix de se retirer du monde pour mieux entendre la voix de son unique maître. Pour lui, le cheminement passe le désert aux confins de la Syrie d’abord, puis en Terre Sainte, et enfin à Béni-Abbès, en Algérie. C’est là qu’il trouvera une école d’humilité, de confiance en Dieu et d’abandon à la Providence. « C’est là qu’on se vide, qu’on chasse en soi tout ce qui n’est pas Dieu », écrit-il dans une lettre. Assassiné dans le Sahara algérien en 1916, dans sa vie offerte pour ses frères, il suit son Maître. Sa spiritualité du désert est finalement une préparation à la « Pâque », le « passage » du Christ vers le Père. Découvrez sa méditation pour monter avec lui vers la lumière de Pâques :


Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la Grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul. Les Hébreux ont passé par le désert, Moïse y a vécu avant de recevoir sa mission, saint Paul, saint Jean Chrysostome se sont aussi préparés au désert… C’est indispensable… C’est un temps de grâce, c’est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer. Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l’esprit intérieur. La vie intime avec Dieu, la conversation de l’âme avec Dieu dans la foi, l’espérance et la charité. Plus tard l’âme produira des fruits exactement dans la mesure où l’homme intérieur se sera formé en elle. Si cette vie intérieure est nulle, il y aura beau avoir du zèle, de bonnes intentions, beaucoup de travail, les fruits sont nuls : c’est une source qui voudrait donner de la sainteté aux autres, mais qui ne peut, ne l’ayant pas : on ne donne que ce qu’on a, et c’est dans la solitude, dans cette vie, seul avec Dieu seul, dans ce recueillement profond de l’âme qui oublie tout le créé pour vivre seule en union avec Dieu, que Dieu se donne tout entier à celui qui se donne ainsi tout entier à Lui. Donnez-vous tout entier à Lui seul, mon bien-aimé Père, durant ces années de préparation, de grâce, et Il se donnera tout entier à vous. En cela ne craignez pas d’être infidèle à vos devoirs envers les créatures ; c’est au contraire le seul moyen pour vous de les servir efficacement. Regardez saint Paul, saint Benoît, saint Patrice, saint Grégoire le Grand, tant d’autres, quel long temps de recueillement et de silence ! Montez plus haut : regardez saint Jean Baptiste, regardez Notre Seigneur. Notre Seigneur n’en n’avait pas besoin mais il a voulu nous donner l’exemple. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu.
Charles de Foucauld, Lettre au père Jérôme, 19 mai 1898 (OS p.765).


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