Parole de l’Évêque – L’Église est l’Église de Jésus

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Paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°379 – Décembre 2025

« Je bâtirai mon Église », affirme Jésus quand il parle à l’apôtre Pierre. L’Église est donc bien celle de Jésus. C’est Lui qui la fonde en étant le sauveur. Ressuscité, c’est Lui qui la fait grandir, qui l’habite et lui donne vie. Il en est son « Maître et Seigneur ». Les membres de l’Église sont ses « disciples ». Ceux-ci reçoivent tout de Lui, ils Le suivent, écoutent sa Parole, L’imitent.

L’Église est ainsi conçue par Dieu lui-même pour qu’elle soit en quelque sorte le reflet de Jésus et de sa lumière en ce monde au milieu de son histoire dramatique et ténébreuse. Souvenons-nous de la réponse si avisée de Jeanne d’Arc en son procès : « M’est avis que de l’Église et du Christ, c’est tout un. »

Jésus a « tout » reçu des mains de son Père, comme nous le lisons dans l’évangile de saint Matthieu. De même, l’Église a « tout » reçu de Dieu, comme l’explique saint Paul aux Corinthiens.

Quand nous lisons que Jésus est « doux et humble de cœur », nous comprenons que l’Église est appelée à vivre avec douceur et humilité. Quand nous découvrons l’amour « jusqu’à l’extrême » de Jésus, nous devinons sans peine que l’Église a mission d’être débordante d’amour.

Quand nous sommes interpellés par l’admiration de Jésus pour la foi des petites gens « dans la région de Tyr et de Sidon », nous pressentons que l’Église aussi doit savoir discerner la beauté de cette foi qui s’éveille dans les cœurs et l’admirer. Quand nous entendons Jésus pardonner à l’homme paralysé, à la femme adultère, à tous ceux qui « ne savent pas ce qu’ils font », nous sentons bien que l’Église n’est jamais plus belle que lorsqu’elle pardonne « du fond du cœur ».

Quand nous voyons Jésus « regarder la foule » et « enseigner » alors le chemin des Béatitudes, nous saisissons bien que l’Église a mission d’enseigner le chemin de l’espérance et de la sainteté pour tous. Quand nous nous mettons sur le chemin pour assister à la rencontre de Jésus et du lépreux qui est purifié, nous aspirons à voir une Église habitée par le désir de pureté et nous faisons nôtre sa prière quand elle murmure humblement : « Crée en moi un cœur pur. » Quand nous écoutons Jésus se fâcher avec les vendeurs du Temple ou avec certains pharisiens, quand nous le voyons partir prier, nous souhaitons que l’Église l’imite en étant exigeante sur le respect de la prière et du culte rendu à Dieu trois fois saint.

Quand nous éprouvons de la joie en voyant Jésus conter spontanément la parabole du bon Samaritain, nous rendons grâce pour l’Église qui « fait de même » en se faisant proche des plus fragilisés par le respect, l’accompagnement et leur écoute. Quand nous imaginons comment Jésus a assisté à un mariage à Cana, quand nous le voyons « saisi de compassion » pour la veuve de Naïm qui vient de perdre son enfant, quand nous l’entendons se mettre en colère parce qu’on écarte de lui les enfants, alors nous devinons que l’Église a vocation à accompagner les familles dans leurs histoires heureuses et malheureuses, sans jugement.

Quand nous constatons que Jésus a choisi douze apôtres et, parmi eux, le publicain Matthieu, nous croyons qu’il dit aujourd’hui au cœur de certains « suis-moi » pour Le servir en son Église. Quand nous découvrons que Jésus a vécu dans le célibat, alors nous comprenons que l’Église a toujours été habitée par le signe de la vie consacrée, qui est un trésor pour elle et pour le monde.

Tout a commencé à Bethléem de Judée. Les pauvres bergers et les savants mages sont venus adorer l’Enfant-Jésus. Nous aussi, préparons-nous à aller L’adorer et à Lui demander : « Sauve-moi qui suis un pauvre pécheur et permets-moi d’être un reflet lumineux de toi ! »


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